Une salle de bains enfants aménagée comme un lieu d’échanges

Depuis 30 ans, Jean-Marc Signori (Archibath, Paris 11ème) œuvre en tant que designer d’espace. Pour la fratrie d’une famille recomposée, ce bainiste chevronné a conçu une salle de bains en « souvenir des sorties à la piscine municipale, avec tous les aménagements nécessaires à un confort et une sécurité modernes. » Plongée dans un projet qui ne manque pas de profondeur.

Pour que six enfants d’âges disparates (des frères, sœurs, demi-frères et demi-sœurs de zéro à 13 ans) puissent partager sereinement ce même espace, Jean-Marc Signori a pris le parti de définir des zones autonomes sans les cloisonner pour autant. L’idée défendue par ce projet concourant « hors catégorie » lors de la 3D Cup Agenceur du Bain 2020, organisée par le site d’information professionnelle Sdbpro.fr et par Compusoft, concepteur du logiciel 3D Innobain, est simple : que chacun puisse s’y affairer sans gêner les autres et « que le temps consacré à l’hygiène soit raisonnable » s’agissant d’une très grande fratrie…

Pas d’embouteillage à redouter avec quatre pôles qui se distinguent les uns des autres et permettent une utilisation simultanée et interactive de la pièce, laquelle a aussi vocation à être « un lieu de rencontre, d’échange. » Dans les secteurs dédiés aux vasques, aux douches, à bébé et autour de l’îlot central, des aménagements ont été pensés pour faciliter le quotidien (qu’on imagine mouvementé) de cette famille recomposée.

L’espace vasque : la toilette sans encombrement

Pour fluidifier la circulation au(x) moment(s) de la toilette, pas moins de trois points d’eau sont implantés dans cette salle de bains (voire quatre en comptant celui du bébé). Avec son look industriel, l’iconique évier de vidage Alape intègre une remontée arrière, bien utile pour protéger le mur des éclaboussures. Cet élément typé atelier dispose d’un rayonnage suspendu, placé juste en-dessous de la cuve pour stocker l’essentiel : un valet pratique de « fabrication Archibath » en tubulures métalliques légères, dans l’esprit de la fameuse étagère String. Un porte-serviettes et une petite poubelle sont également disposés de part et d’autre, dans une composition symétrique.

Au-dessus, une originale constellation de neuf miroirs ronds de diamètres différents anime joliment le mur. Cette disposition en quinconce n’est pas seulement décorative, elle offre à chaque enfant, selon sa stature, l’avantage de se mirer sans trop de difficulté, d’autant qu’un petit tabouret permet aux benjamins de se hisser à la bonne hauteur pour faire leurs ablutions en toute autonomie…

Avec ses manettes en porcelaine personnalisables, une robinetterie murale au look industriel (mélangeur encastré de la série Volare de Neve Rubinetterie) ajoute une note discrète de couleur, qui varie selon les « territoires ». Si les deux vasques situées face à l’entrée et flanquées de larges colonnes de rangement toute hauteur avec une niche en partie centrale (de quoi stocker serviettes, tapis de bains et réserves de produits) affichent une tonalité neutre (un beige chic qui se marie avec les finitions ivoire et bois du mobilier), à l’opposé, la zone attribuée au nouveau-né est parée d’un bleu doucereux.

L’espace bébé : un moment privilégié, en toute sécurité

L’arrivée du dernier-né de la famille est un évènement bien préparé, avec la création d’un meuble double fonction pour le laver et le langer, placé de façon commode à proximité immédiate de l’entrée. Aux côtés du troisième évier de vidage Alape (auréolé cette fois de six miroirs-satellites), il intègre une petite baignoire (modèle Babybath de Sanindusa) encastrée dans le plan de travail et associée à une robinetterie avec douchette, du type de celles utilisées dans les salons de coiffure.

Au dos de cette unité destinée aux soins répétés de bébé et pourvue de divers rangements hauts et bas pour conserver à portée de main tout le nécessaire (couches, onguents…), le miroir se révèle être associé à un couvercle rabattable qui sert alors de table à langer. Malin, d’autant que cet espace se transformera en coiffeuse lorsque le bambin aura grandi…

L’îlot central : une banquette façon causeuse

A l’instar de certains vestiaires collectifs (ou encore des lobbys de grands hôtels), une banquette ovale crée du lien, entre ces deux pôles et les utilisateurs. Au centre de la pièce (ou presque), « les enfants pourront se préparer à leur tour », côte à côte ou dos à dos, façon causeuse. Sous l’assise en tissu de cette structure dotée d’un dosseret arrondi, des bacs à linge habillés de bois sont cachés, facilitant le tri des couleurs avant les lessives que l’on devine nombreuses…

Une curiosité surplombe cet îlot de convivialité : posté face à la fenêtre, un « potager » miniature trône sur une tablette haute, captant ainsi la lumière nécessaire à sa croissance. Sans prendre de place au sol (l’encombrement du mât est quasi nul), cette plantation insolite contribue à « rendre attractive et ludique cette salle d’eau » et offre aux enfants le plaisir de voir (et de faire) pousser des plantes et légumes maison. Pour les arroser, quoi de plus indiqué en effet qu’une pièce d’eau ?

Espaces douches : comme à la piscine

Comme pour les points d’eau, à famille nombreuse… douches multiples, s’inspirant du modèle des piscines publiques. Respect de l’intimité oblige, filles et garçons ont droit à deux espaces séparés, fermés par une porte de type saloon dont la manipulation est aisée. Originale, la forme ovale de ces portes western fait écho aux cercles des miroirs et élimine les angles vifs, qui pourraient blesser : un bon point pour la sécurité domestique là où le corps est dénudé. Composés d’un sas au sec avec assise et tablette de dépose menant à une douche, ces espaces sont cloisonnés mais traversés d’une même lumière naturelle grâce à la création d’une imposte en verre opaque.
A noter : le repérage graphique avec les initiales lumineuses des prénoms des filles qui couronne leur espace, pour la touche « hollywoodienne ».
Ici aussi, les douches (receveurs en céramique de marque Cielo) sont équipées de robinetteries thermostatiques de chez Neve, avec leur « vanne » circulaire aussi ergonomique qu’esthétique qui facilite la préhension.

Au sein de ces espaces quasi jumeaux, le chauffage est assuré par une trame spéciale douche qui équipe en toute sécurité les volumes 0 et 1 des salles de bains d’un plancher et de murs chauffants électriques (StickyMat de chez Warmup, 12 V, 100 W/m²).

Revêtements : des lignes de vie

Au sol, le bainiste a opté pour un carrelage neutre en grand format (moins de joints à entretenir), la céramique ayant fait ses preuves pour un usage intensif. Aux murs, le choix s’est porté sur un papier peint en fibre de verre, spécialement conçu pour les salles de bains (marque Inkiostro Bianco), qui se pose aussi à l’intérieur des douches. En harmonie, non pas un mais trois motifs de ce revêtement habillent les différentes zones, sans créer de démarcation trop forte. Comme si l’unité du décor s’appuyait justement sur ces infimes variations… Sur fond beige, brique orangé ou bleu pervenche (un duo à peine genré), ces arabesques pleines de vie (des courbes, encore) rappellent la liberté graphique qui caractérise les dessins d’enfant.

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