Les sublimes salles de bains en marbre de l’hôtel Lutetia à Paris

Sommé d’entrer dans le XXIe siècle, le Lutetia s’en est remis à l’agence Jean-Michel Wilmotte & Associés, qui explique avoir « éliminé tout ce qui n’avait plus de mémoire » et « remis en valeur tout ce qui en avait. » Le résultat est spectaculaire dans les salles de bains.

4 ans de rénovation et quelque 200 millions d’€ ont été nécessaire à la rénovation du Lutetia, joyau de l’hôtellerie parisienne sorti de sa chrysalide en juillet 2018. Seul grand hôtel de la rive gauche, il est situé face au square Boucicaut, du nom de la propriétaire du Bon Marché qui le fit édifier en 1910 pour loger ses clients. Le Lutetia conjugue les prémices de l’Art déco dans une époque encore sous le charme de l’Art nouveau. La façade avec ses treilles, œuvre du sculpteur Belmondo, en est un vibrant hommage.

Les codes d’un palace

L’esprit Art déco-Art nouveau du Lutetia a été conservé et sublimé, les espaces publics et privés ont été entièrement repensés pour donner à l’hôtel les codes d’un palace, enrichi d’un patio lumineux et d’un spa en sous-sol, tout de marbre vêtu.

Les salles de bains de l'hôtel Lutetia : toutes de marbre blanc vêtues

« L’existant a été remis en valeur et le reste réécrit de façon plus contemporaine, racontent Anne-Claude Dessart et Christian Oudart, directeurs de projet chez Wilmotte & Associés. Nous ne voulions surtout pas tomber dans le pastiche. » Dans les chambres et suites – l’hôtel en compte 184 –, le mobilier sur mesure a été conçu et dessiné par le studio de design Wilmotte & Industrie, en parfaite connexion avec les lieux et en cherchant à instaurer le dialogue entre les époques.

Des salles de bains à la fois sobres et somptueuses

Corollaires d’un grand hôtel, les chambres s’accompagnent de salles de bains dont le traitement se révèle à la fois sobre et somptueux. Elles sont habillées de marbre de Calacatta, y compris les baignoires qui, taillées dans la masse, sont des œuvres d’art à elles seules. Chacune d’elles pèse une tonne !

Au sol, les entrelacs de cercles évoquent ceux que l’on trouve sur la façade, autour du nom et de la devise de l’hôtel, qui est aussi celle de Paris : Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas).

Associée au marbre, la robinetterie dessinée par Jean-Michel Wilmotte a été fabriquée par le robinetier italien CEA Design, spécialiste de l’acier inox : c’est une ligne contemporaine, qui suggère les poignées des vannes hydrauliques traditionnelles. Son éclat velouté fait écho aux veinures du marbre, dans une alliance qui résume toute la philosophie de cette rénovation spectaculaire.

La ligne, complète, peut équiper tous les postes de la salle de bains. Baptisée Lutezia, elle est disponible chez CEA Design dans toutes les finitions disponibles chez le fabricant.

 

 

Pour la petite histoire

Lieu mythique de rencontre et de création de l’art et de l’esprit, le Lutetia verra passer – et parfois s’installer – des grands noms de la littérature française et étrangère, dont André Gide, James Joyce, Ernest Hemingway, Samuel Beckett, André Malraux… Jusqu’à devenir le siège du Paris littéraire. Des peintres, Picasso, Matisse…, des chanteurs et des musiciens trouveront aussi leur source d’inspiration.

C’est là aussi que fin 1944, après la libération de Paris, sur les ordres du général de Gaulle, le Lutetia sera transformé en centre d’accueil pour les déportés et les familles en quête de leurs proches, recevant jusqu’à 2 000 personnes par jour.

Les années 1950 résonnent d’accent jazzy autour du bar et l’hôtel avec sa brasserie redevient le rendez-vous des artistes comme Serge Gainsbourg et des politiques amateurs de son ambiance rive gauche. Côté déco, au cours des années 1980 voient des stars tels Sonia Rykiel, David Lynch, le sculpteur Hiquily, s’exprimer en personnalisant leur propre suite.



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